Une poule sur un mur…

– « Des crouilles et des youpins qui s’entretuent ? Nous bombarderons les vainqueurs ! »

– « Ah oui ? Et avec quel argent ? » (Jean-Marie Copain)

Eh oui mes amis, il n’est pas toujours facile d’être d’accord avec Jean-Marie Copain, leader du mouvement « Moi d’abord ».

J’avoue que c’est avec une extrême réticence que je cite cet extrait de son livre très controversé : « Un Message pour la paix ».

Il se pourrait cependant que, curieusement, si l’on s’en réfère au syndrome de Grippeminaud[1], cette publication amorce un rapprochement entre les communautés juives et arabes.

Les deux répliques rivalisent de transgression. On ne saurait dire laquelle est la plus ignoble. On croit y reconnaître le chapeau sournois de l’Oncle Sam et l’avaricieux taureau d’Europe[2].

On ne peut pas parler d’Europe et de transgression sans invoquer la figure sale de Rimbaud[3].

Un bel exemple de misomatrie[4], assortie d’une agressivité sans risques. Un petit gâté qui fait sa crise d’ado. Que serait Rimbaud sans sa Vitalie[5] ?
Charleville le récupère culturo-commercialement comme « sale gosse », bientôt ce sera un « brave garçon ».
Le « trou de verdure » de son dormeur scolaire me fait surtout penser à la feuillée des scouts. Et, de toutes manières, il ne fait jamais que s’inscrire dans la longue lignée des poèmes-surprises.
Toute cette rébellion pour finir par devenir le petit employé zélé d’un comptoir à qui l’on attribue encore une vague légende de trafiquant d’armes pour lui conserver l’auréole d’une transgression quelle qu’elle fut.

Tiens, le mot « surprise » est à nouveau entré dans le vocabulaire du droit au chômage, remettant au goût du jour la célèbre boutade : — «  Va donc, hé ! t’as obtenu tes allocations dans une pochette surprise ? » Une belle opportunité pour penser à remercier toutes les femmes de médecins et d’avocats, à qui nous devons la notion de cohabitant, ce célèbre statut que l’Europe entière jalouse. Une magnifique occasion peut-être d’étendre cette mesure phare de contrôle aux retraités ? Ces salauds de hippies prématurément vieillis par la drogue et qui vivent encore en communauté. La perche est tendue.

Dans la foulée, n’oublions jamais d’élever une statue reconnaissante à Joseph-Marie Jacquard[6], à qui nous devons toute la mécanisation, et de toujours vilipender les canuts, ces tisserands ingrats, qui ne pensaient qu’à sauvegarder leur emploi au mépris du progrès. Bien fait pour eux.

Je ne suis pas très en forme. J’ai enlevé le fil du mois d’avril. C’est con, mais je suis tombé malade. La fièvre des marais sans doute ? comme disait mon copain de fac. Du coup je n’ai pas été très prolifique sur ce coup-ci.

Mais bon, pour me faire pardonner, au lieu d’une demi-planche, je vous offre une planche entière de la BD de Jeff Pourri (je sais que vous adorez cette BD).

Voici d’excellentes circonstances pour chanter de mémoire, avant de nous quitter, la chanson d’Alexis bouvier :

— En guise de lit ils n’ont que de la paille,

Pour château ils n’ont qu’un taudis.

C’est la canaille ?

Eh bien, j’en suis !

C’est tout pour ce mois de mai pluvieux les gars.

Georgie de Saint-Maur

Opération-Puzzlecucu
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[1] Personnage de la fable Le Chat, la Belette et le petit Lapin de Jean de La Fontaine.

[2] Europe, fille du roi de Tyr, a été enlevée par Zeus métamorphosé en taureau blanc.

[3] Le mythe d’Europe est évoqué avec force dans Soleil et chair.

[4] Haine de la terre des ancêtres, du pays où l’on est né, de la nation dont on fait partie.

[5] Vitalie Cuif, mère de Rimbaud.

[6] Son métier à tisser automatique a révolutionné le travail. La possibilité de le programmer par utilisation de cartes perforées fait que l’on considère, à juste titre, la machine de Jacquard comme l’ancêtre de l’ordinateur.

6 réflexions au sujet de « Une poule sur un mur… »

  1. Tu dis que tu n’es pas très en forme ?? Qu’est ce que cela doit être quand tu l’es !! Sans doute as-tu ôté un fil d’avril mais les seins glacés de mai renforcent le système immunitaire !!

  2. La question est : Jusqu’où pousser l’irrévérence, le noir de l’humour?
    Pour ma part, je pense que ne pas oser rire de quelque chose -voire, ne pas oser essayer de faire rire avec- c’est entrer dans une logique de réduction. L’humour, la musique, la poésie, la littérature, tout ça, c’est fait aussi pour dégonder les portes. (L’expression n’est pas de moi; les aficionados auront suivi.)
    N’en déplaise aux bien-pensants, je pense qu’il sera toujours une bonne chose que d’essayer de faire mourir de rire les grincheux.

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