Elfes et fées domestiques : premier épisode

Premières analyses

Volet « Imaginaire, art & croyances ».

L’Homme est cerné à travers les créations de son esprit.

Jérôme Pitriol

Fée le toi-même

—  Ouf nous y sommes, la voilà enfin montée cette satanée table, soupira Consciensus.
—  Oui, roucoula Stradivarius tout en savourant le moment.

Enfin la salle à manger était présentable : une table, quatre jolies chaises en panier percé, et une vieille statue récupérée chez Tantine Ozon qui l’avait elle-même gagnée à un concours de blattes.

Soudain, Stradivarius s’étrangla et tout en désignant la table dit :

—  Aargh !
—  Que se passe-t-il ma Colombe ? intervint, non sans une certaine ingéniosité (vous en conviendrez), Consciensus.
—  Là ! Une tache ! Qu’allons-nous devenir ?

Consciensus observa la table, puis s’enfuit en direction du placard à balais et revint avec une bouteille à l’allure originale puisqu’elle était longue et étirée avec au-dessus un drôle de chapeau avec un trou.

Consciensus appuya sur une mini manette et un produit s’en échappa, éclaboussant la table et la mouchetant d’élégantes taches blanches.

—  Ooh ! s’écria Stradivarius

Mais déjà, Consciensus sortait de sa poche une serpillière et essuyait la table qui redevenait d’une splendeur à vous faire pleurer les yeux.

—  Tu es merveilleux, ô mon Consciensus !
—  Je ne puis te contredire, ma Colombe, mais à l’avenir « fée le toi-même » !

Minily & Souris

 

Fée attention

Où commence vraiment la féerie ?
La vie qui, je le rappelle au passage, est une succession de joies et de peines, n’est pas très claire à ce sujet.
L’auteur(e) non plus.
Son roman, très généreux au demeurant, nous entraîne dans un vestibule de truffes, une grenouillère de pate d’amandes, une bouteille de vin blanc bien frais, un vieux rosier desséché.
Stradivirus, Conscientibus ?
Pouvons-nous vraiment nous fier à de tels personnages ?
Ne sont-ils pas trophées ?
Ils gravitent, silencieusement bavards, comme des cariatides repues en mal de régime prolétarien.
Leurs faits et gestes appartiennent déjà au futur best-seller…
On pense alors (fatalement) au cynisme de Gérard Lauzier, on pense à l’argot de Michel Audiard, et on se rend compte que, visiblement, notre auteur(e) ne s’en préoccupe guère.
Aurait-elle pris, elle aussi, comme ce bon Philippe Sarr, de la hauteur en montgolfière ?
Son trait est cassant et réclame aux tables tournantes une hygiène spartiate.
Eh bien, qu’à cela ne tienne, même si Henri Potier n’est pas vraiment au rendez-vous dans l’univers cité de Boudelard, nous prendrons grand soin de sa girouette.

Georgie de Saint-Maur

 

Courtex

— Bonne Année Tante Ozon ! Et pour la fêter, de merveilleux fondants, pour toi et oncle Néné.
— Que c’est aimable à toi.

(Et se tournant vers sa belle-sœur, Lulu, de lui murmurer : « Je déteste les fondants, mais je trouverai toujours bien quelqu’un à qui les refiler »).

Quelques semaines plus tard,

— Bon anniversaire ma Lulu, lui dit Ozon, en lui mettant sous le nez…. la boîte de fondants.

(Alfred Arnaque « Les cahiers de Nise»)

 

Fées et gestes (Georgie de Saint-Maur)

Je ne veux plus parler de Phixioneur.
Ce n’est qu’un leurre.
Le genre de l’heure que l’on instille pour créer un fil rouge.
Lecteur, rebelle-toi !
Tu peux sauter des pages…

 

Fée d’hiver !

Pourquoi une table ?
C’est la question, plus qu’ambigüe, que l’on posa à l’auteur(e) une fois son crime commis. Certes, l’indice faisait tache, regrettait le président de la Cour, pourtant accoutumé à ce type de faits divers.

Ce à quoi notre auteur(e), ayant subrepticement sorti de son sac à main sa bombe antitaches, aurait rétorqué d’une voix suave, sûre d’elle : je peux vous aider, si vous le souhaitez ! Ce qui aurait donc provoqué l’hilarité de la salle d’audience.

Le bruit court que l’écrivaine, l’estomac dans l’étalon, n’aurait pas supporté d’attendre qu’on lui ait déroulé le tapir rouge pour se restaurer. Et que donc elle aurait copieusement insulté le maître de cérémonie présent au « château » ce jour là.

Avant de s’excuser en blattes excuses.

Vêtue d’un Yakun « Blanc du Nil », l’auteur(e), à qui l’on devait remettre sa statuette de meilleur romancier de l’année pour son livre « Les fées mères », aurait tout simplement pété un câble à la vue d’une tache de vinaigre qui, comme un fait exprès, « ornait » la manche droite de son Yakun, et aurait vu rouge. Elle se serait alors exclamée :

« Dieu est un autre, donc j’altère ego »…

Méfions-nous toutefois des elfes de manche…

Philippe Sarr

 

Fées et gestes (Georgie de Saint-Maur)

« L’elfe Satyricus au Président des Optimistes Marcel Achier.

— Fée le toi-même, fée Licité, les fées mères… Nous ne pouvons pas tomber plus bas, Président.
— Mais si, mais si… »

 

Dans le placard à balais

Quel auteur n’a jamais rêvé d’écrire un conte merveilleux ?

On y songe, on en a envie, on imagine une histoire, ou même un monde, on échafaude un plan, un scénario détaillé, on en vient à prendre des notes, parfois en pleine réunion, ou au fond d’une salle de conférence aux murs engourdis de capitons, on se promet bien de s’y mettre aussitôt rentré chez soi, et puis on y renonce.

Il y a déjà ce roman à finir, et puis le recueil de nouvelles, sans compter tous ces vieux projets qui sont dans le tiroir du bas de la commode. Et puis surtout il y a la vie qui nous happe. Les pommes de terre à éplucher pour la purée des enfants. Les devoirs, la nécessité. La facilité, aussi. Un beau conte plein de magie, pourtant… Mais comment faire ?

Cette romancière y parvient. Il y a bien de la magie là-dessous, mais pas seulement. Elle a aussi compris que la magie est dans le placard à balais. Et que fait-elle ?

Elle l’ouvre, tout simplement. Qu’y trouve-t-elle ?

Des balais, des chiffons, tout un bric-à-brac. Il suffit de se servir. Elle choisit un flacon de détachant armé d’un petit pistolet – vous savez, avec le petit tube en plastique qui trempe dans la solution (quand il en reste) et la petite manette pour pomper puis pulvériser le produit partout dans la pièce, dont le besoin se fait sentir lorsque vient le temps de nettoyer les surfaces encrassées de votre logis. Il ne lui reste plus qu’à confier l’objet à deux créatures un peu mystérieuses, et le charme opère.

Nous observons, par le trou d’une serrure (la serrure du placard à balais sans doute) une scène de ménage originale : une fée du logis, Consciensus, nous donne à entendre, par chacun de ses mots, chacun de ses gestes, une mélodie enveloppante, comme tirée de quelque instrument insoupçonné aux harmonies inouïes ; face à son double monomaniaque, Stradivarius, qui bisse dans un violon et trépigne autour de la table du salon.

Oui, le charme opère.

Il y a bien de la magie là-dessous, il suffisait de regarder sous le tapis !

Jérôme Pitriol

 

Fées et gestes (Georgie de Saint-Maur)

La fée Électricité était au courant.

 

Le questionnaire de Louise Berg

Qui êtes-vous, Minily & Souris?

Votre question est on ne peut plus amusante. Je suis une fée ou peut-être un elfe de maison… je papillonne et me pose là où l’écriture me conduit. Parfois drôle, (oui, je suis drôle) parfois touchante mais toujours respectueuse des mots. Et comme toute fée, je suis un mystère. On sait que j’existe mais on a peine à y croire.

Alors, on me lit et on sourit…

Par mes ailes, vieux lutin : enlève ta main !
C’est pas moi !
J’aime mieux ça…

 

 

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