Le Gros secret : quatrième épisode

Quatrièmes analyses

Jolie métafiction, les romans imaginaires sortent du néant pour devenir plus réels que jamais sous la plume de leurs éminents critiques

Résumé du livre « Le Gros secret »

C’est une réelle gageure que d’écrire un résumé du « Gros secret » sans en trahir le moindre petit secret. Cette première phrase introductive est déjà d’ailleurs en soi une sorte de trahison, puisqu’un aveu, et donc une divulgation.

A croire que notre homme avait parfaitement ficelé son œuvre, depuis l’alpha jusqu’au-delà de l’oméga…

J’eus la chance et le privilège d’étudier « Le Gros secret » en plein cœur de la bibliothèque labyrinthique de l’abbaye d’Abidjan, sous le regard faussement sévère d’un moine veillant au grain de papier, qui jouait avec un trousseau de clés dissimulé sous sa robe de bure. (Fait étrange, à chaque fois que je m’apprêtais à tourner une nouvelle page du volume, les clés tintinnabulaient sous sa soutane. Exactement comme dans ces livres-disques pour enfants, annonçant aux petites têtes blondes en voix d’alphabétisation, d’un tintement de clochette, le moment de passer à la suite…)

Que dire du « Gros secre t », écrit en l’an 2017, sans rien en dévoiler ? Qu’il n’est pas ce que l’on croit ? Qu’il est ce que l’on ne croit pas ? Que d’autres tomes de cette œuvre, plus ou moins apocryphes, circulent autour, au-dessus et en dessous du globe ? Mais je marche sur des œufs en chocolat tout en tournant autour du pot de confiture…

Mes études du « Gros secret », au cœur de la bibliothèque labyrinthique de l’abbaye d’Abidjan, m’ont appris une chose essentielle. Ce livre ne se lit pas. Il se consulte. Ou plutôt, il est une consultation. En l’occurrence celle de l’esprit de son auteur, qui aura préféré projeter sur le papier ses tics, manies, phobies, idées fixes et domaines de prédilection, plutôt que de les mettre en pâture sur le divan d’un psychologue, voire même d’un psychiatre, ces fameux « extorqueurs de rêves », comme les qualifiait Vladimir Nabokov.

« Le Gros secret » est un protexte ; un ouvrage qui désire être consulté, et partagé.

À son sujet, je ne pourrai fournir qu’un seul mais précieux indice, en m’appuyant sur une ancienne publicité Pim’s1 : « Son secret est dans un coffre dont la clé est au fond d’un puits. »

Benoît Patris

Courtex (inédit)

C’est vraiment très bizarre ce que tu écris, tu sais ?

Je regardai Charnowski. Des gouttelettes de sueur perlaient dans ses sourcils. Il passait ses doigts sur mon texte comme s’il voulait l’effacer. Je le brusquai :

Et toi, tu as la photo ?

Ce rebut me fit un sourire foireux et porta une main tremblante à la poche intérieure de son veston déchiré.

La voici, me dit-il. Et, pendant un instant, il m’infligea son haleine de salaud, vénéneuse comme un boletus Satanas..

Oui, aucun doute, c’était bien son grand-père : une moustache à la Groucho ; un hibou dans la tête…

Culottin et son paradigme

Culottin est un natif du roman. Il habite courageusement page 17. Comme je le connais, il va retrousser ses manches, cracher dans ses mains et en mettre un bon coup.

D’entrée de jeu, il annonce la couleur : le rouge et le noir, si chers à Henri Beyle (livre ennuyeux à relire), et nous ponce le rabiot comme un bouquetin plastique. Véritable incarnation de Julien Sorel, il cloue des notes à ses sabots de bois.

L’auteur n’était-il pas, lui-même, un nénuphar moderne ?

En misant sur Culottin vous avez misé sur le bon cheval. C’est un personnage exceptionnel, doux et chaud.

Extrait :

«  – Monsieur, dit Milos troutku en ricanant, vous avez été écroué par mes ordres.

On me l’a dit, Monsieur.

Savez-vous pourquoi ?

Non, Monsieur ; car le seul motif pour lequel je pourrais être emprisonné est encore inconnu de vous. »

Gardons nous bien de nous enfoncer dans les hideux marécages de « l’analyse pour l’analyse », sans avoir, au préalable, chaussé nos bottes de pêcheur à la ligne. Et, justement, nous allons à la ligne.

La popaïne de Maurice Tillieux est-elle au rendez-vous ? Les conclusions se tirent comme des hétaïres fatiguées qui n’en ont pas les moyens.

Le paradigme de Culottin est un peu la conjugaison de ses moyens propres à contrefaire un personnage intéressant au sein du « Gros secret ». Culotté ; Culotto ; Culotti ; Culotta ; nous comprenons soudain avec une exécration stupéfaite que rien au monde de la littérature ne l’empêchera de nous casser les pieds.

Le moment de quitter ce livre serait-il venu ?

Oh non, nous souffle alors, patelin, notre inconscient, soudain conscient de la valeur intrinsèque de Culottin. N’est-ce pas lui qui, page 222, léguera la clef à la belle Étronille ?

Sa rencontre avec Couillonnet, personnage blâmable, certes, mais récemment rescapé des enfers, sera déterminante pour pouvoir affirmer, sans le moindre doute, que Couillonnet est principalement horizontal. À l’inverse de Culottin qui est résolument vertical.

Extrait :

« Culottin admira à quels projets instables et étrangers sont parfois épinglés le destin d’un royaume et la vie d’un peuple. »

Nous savons, grâce à des confidences, que « Le Gros secret » a largement inspiré les Cahiers de l’Hydre de Lerne, et c’est merveille de le savoir, merveille de l’ouïr.

La réussite de cette expérience nous saute aux yeux.

De Saint-Maur se gargarisait de ce roman.

G de SM

Courtex (inédit)

Baisse ta culotte, imbécile.

L’explosion abattit deux arbres. Je ne voyais plus que des boules de feu.

Grandier en profita pour m’asséner un coup de poing dans la joue ; Je le remerciai d’un coup de pied, hélas, dans le vide.

La prochaine fois que tu fais ça quand il y a une explosion, je te tue, me dit-il avec son air benêt.

Qu’est-ce qu’il croyait, Grandier ? Que c’était ma première ? Mon père, qui tirait l’idée du sien, avait expérimenté pendant des années toutes les vertus thérapeutiques de l’explosion. Mon père, ce héron

Immanence

Quoi, que, qu’est-ce ?

Ardeur intime ou pas, académie de monarque ou simplement monarque du boqueteau, maître, valet ou domestique, tout se risque ici (tout s’est toujours risqué d’ailleurs) « entre les femmes et les amants », sinon, bien loin du déni de Marie-Antoinette, « entre les mères et les fils »,

« prendre gros dodo pour gras dada », c’est-à-dire « prendre une chose pour une autre », en l’occurrence, prendre le dodo pour la compagne offerte et consentante, telle que la convoite en tous cas le narrateur – Culottin, ce jeune éducateur qui vient d’être nouvellement nommé dans le pays des brumes, cette région primitive du Pays Enchanté « ainsi que les diables sont nommés dans les Cercles du bas-ventre [et qui] de galipette en galipette progressent vers le trou de l’entonnoir comme nous coulissons vers la turpitude».

Cercle du bas-ventre, galipette, trou, entonnoir, tout est dit pour que nous voyions bien autre chose dans le texte qu’un simple paysage.

Cet écrivain m’énerve. Parfois (pas tout le temps), j’ai envie de balancer ses écrits par la fenêtre. Je sens la colère gronder face à son machisme.

On a beaucoup dit qu’il assumait ses propos, qu’il était l’homme des compromis, qu’il savait se faire pardonner par l’excellence de son travail. Que c’était un gentleman. Mais n’est-ce pas un peu facile de foutre des gifles aux gens, puis de demander pardon ?

(Philippe Sarr ne nous prévient-il pas lorsqu’il s’exclame : « De « Gros secret », il n’y a point. Pas plus qu’il n’y a de silence à briser. »)

Quand on relit ce livre, « Le Gros secret », des passages entiers prennent une autre signification. On se rend compte qu’on n’avait pas bien lu, qu’on en avait sauté des pans complets.

Et on peine à croire que soit possible une telle désaffection de notre part. Car tout, je dis bien tout (à part le sexisme) est attachant, sensuel et complice.

Culottin est un raté sympathique.

Le voici, installé dans un fauteuil victorien, au coin de la cheminée au pare-feu ciselé. Au mur sont accrochés des cadres de la reine Pamélasse. Le sapin de Noël s’élance vers le plafond-gâteau. De jolies lumières tamisées nous expliquent que Culottin est le héros du « Gros secret ». Tous les sujets de la reine font semblant de s’esbaudir et forment, en pleurant, des farandoles obligatoires.

(Jérôme Pitriol ne nous dit-il pas : « Que reste-t-il du Père Noël ? La question mérite d’être posée. Certes le sujet est délicat, sensible, et il nous sera peut-être reproché de l’avoir abordé de front dans le présent rapport. Tant pis ! »)

Le Pays Enchanté nous transmet son message : « advienne que pourra ».

Étronille, l’éternelle fiancée, la promise, la catin, s’enrobe de rubans verts et soudain nous emmarbre.

Quant à Culottin, son côté anglais nous surprenait un peu au départ, mais il sautillait de guirlande en guirlande, tel un Tarzan moderne de liane en liane.

Ce Noël éternel du Pays Enchanté place la syntaxe hors de portée. De couche en couche, tels l’échalote de la vie, les nains farceurs se lancent dans la bataille : percer le « Gros secret » avant qu’il ne se réalise ! Courbettes de valetaille, sourires minuscules, l’écrivain connaissait son sujet. Et si la gaudriole s’invite parfois aux balcons, nous savons que la pyrométrie est du ressort de Couillonnet. Ses empreintes mènent au château, mais en passant par la caverne. (Philippe Sarr, dans ses analyses, ne s’y trompe pas : « Cette déviance qui nous fait bifurquer, emprunter des chemins de traverses, démystifie, est au roman ce que le rire est à la brièveté de la vie : un remède à la fois doux et puissant… »)

Tel le prêtre qui danse la valse de la foi, Milos Troutku s’impose comme un courtier en assurances. Mais s’il nous promet du bonheur post-mortem, que va-t-il faire de nos désirs immédiats ?

Culottin n’est pas du genre à se laisser gouverner. Les clochettes de la Chartreuse sonnent sans l’émouvoir, et Étronille est un peu sa Manon Lescaut.

Carrés blancs et triangles noirs alternent dans un clignotement salace.

Étronille ne sera délivrée de son vœu de silence qu’au chapitre 70, d’ici là, comme nous le verrons peut-être, Étronille fermera son clapet infernal.

Couillonnet est un enfant-roman, comme Mowgli était un enfant-loup. Élevé par des paragraphes significatifs, il connaît le Pays Enchanté comme sa poche.

Culottin est un homme-roman, comme Tarzan était l’homme-singe, il passe de chapitre en chapitre avec un culot qui rameute l’admiration du lecteur.

Comme le paon séduit la paonne, il revêt son costume nuptial et danse, sans s’arrêter, des valses langoureuses. L’amour est-il au rendez-vous ?

Pour peu que l’on s’intéresse au « Gros secret », on se rend rapidement compte de sa fiabilité magnétique.

Boussole littéraire, il démolit tous ses prédécesseurs et s’engage, droit comme un « i », dans la descente en rappel si bien décrite par Benoît Patris.

Lou Salomé

Courtex (inédit)

Je tiens à signaler ici combien le problème de la folie se pose d’une toute autre façon dans les milieux de culture urboraghighienne que dans ceux de culture GAGArtienne.

(Amédée Pipé « La culture urboraghighienne à Oxford » éd. First cry)

Une histoire (à dormir debout) de nombre d’or

L’auteur, en popaïnomane avéré (les rares tentatives de désintoxication auront échoué, en cause une grande intolérance à la frustration), suivait avec l’entêtement patelin d’un bouquetin confondant l’horizontalité avec la verticalité (d’où sa défiance bien connue à l’égard des paradigmes à tic) la même ligne hasardeuse d’un Maurice Tilleux hésitant sur la formule du nombre d’or et de son inverse (Pi par x, etc). A l’image d’un Culottin rendant grâce, bien malgré lui, à Henri Beyle (Couillonnet y est sans doute pour quelque chose), le romancier, feignant un immobilisme de circonstance (cf « le nénuphar moderne »), s’échinait énergiquement, tel un cheval s’ébrouant à la vue d’une jument (laquelle prétendait être la réincarnation équine de Mata-Hari), à ruer dans les brancards avec un bagout hallucinant, celui d’une hétaïre sur le point de raccrocher ! Posons nous alors les questions suivantes : de quel bois bien étrange de Saint Maur se chauffait-il vraiment ?

Quels étaient réellement ces sabots auxquels il faisait si souvent allusion, et qui ne sont pas sans rappeler les fameux sabots suédois ? Autant de questions qui interpellent et montrent à quel point l’œuvre de cet écrivain (Lou Salomé parle à juste titre d’œuvre machiste), interroge et glace à la fois.
Esprit dérangé ? Véritable génie ? Ce qui est sûr, c’est qu’à chaque fois la magie opère, mange nos poux (expression chère à l’auteur), exécute le sale boulot…

Philippe Sarr

Courtex (inédit)

« Après Laurence Pernoud  et Françoise Dolto : Conseils éducatifs…

Votre enfant pleure la nuit ?

Il faut frapper, frapper, frapper ! Jusqu’à ce qu’il se taise.

Des ennuis avec votre belle-mère qui prétend vous expliquer comment on élève un enfant ?

Il faut frapper, frapper, frapper !

Votre ex revient avec ses vieux démons ?

Il faut frapper, frapper, frapper !

Des problèmes avec un ado qui fait sa crise ?

Il faut frapper, frapper, frapper !

Des soucis avec vos voisins, ces mêle-tout, qui critiquent vos méthodes éducatives ?

Il faut frapper, frapper, frapper sans relâche ! »

Adage (attribué à l’inconnu)

de Saint Maur multiplia les points de vue comme d’autres multiplièrent les pains… (référence au miracle saint-maurien)

Regarde, regarde les arlequins !

Si notre prosateur fut né nu phare, nous aveuglant de ses lumières, il était néanmoins culotté et fermement vissé à son ampoule.

Ainsi vissé il versa vite, avec son masque de popeline, trempant sa plume au clair de lune, dans ce qu’on nomme communément, la Commedia dell’arte.

Son Arlequin est Culottin, sa Colombine est Étronille. Vice versa les masques tournent, habits bouffants bouffons habiles, mise en abîme sur fond de l’Herne, et l’hydre avion qui se reflète à la surface d’une rivière – peut-être l’Erdre venant à l’Eure.

Les personnages du « Gros secret » se passent la clé les uns les autres, nous nous passons grosso modo, en gros Dodos ou gras Dadas, les mots par mille en mosaïque. Nous reprenons Lou Salomé laquelle reprend Philippe Sarr : « de Gros secret il n’y a point », car le secret est de savoir qu’il repose entre nos mains.

Benoît Patris

Courtex (inédit)

Par ici la monnaie ! S’écria Émile Monsieur, en brandissant son arme, avec toute la conviction d’un Sean Connery dans « Zardoz ».

Sans moufter, Je lui remis le contenu du coffre : exactement cinquante euros et trois maravédis.

Tu te moques de moi, dis ?

Oh non, Monsieur.

Hein ? Quoi ? Tu connais mon nom ?

Rends-toi, Monsieur, la banque est cernée, tu n’as aucune chance, hurlait le commissaire Boulette dans son porte-voix.

La Fessée de Culottin

Impressionnant, à quel point le « Gros Secret » a le chic pour nous amener à nous poser les bonnes questions. Celle de Lou Salomé, par exemple : « N’est-ce pas un peu facile de foutre des gifles aux gens, puis de demander pardon ? » Une des dix ou douze questions qui comptent vraiment, dans la vie.

La formulation négative de Lou Salomé nous invite à penser que sa réponse est oui. C’est un point de vue respectable, mais pour ma part je ne suis pas tout à fait d’accord. Je ne trouve pas cela si facile. Et si, comme on dit, c’est souvent le premier pas qui coûte, je crois bien qu’ici c’est le second.

Culottin, quant à lui, n’arrêtera pas de se prendre des claques, tout au long du livre, plus ou moins métaphoriquement. Sans presque bouger de son fauteuil. Du moins tant qu’il n’a pas compris qu’il a encore une chance d’être le personnage principal du roman.

Extrait :

« Maître Culottin se rendait souvent chez son barbier. Non qu’il accordât un soin excessif à sa toilette, loin s’en faut, mais il avait alors le plaisir le plus vif qu’il fût possible à un gentilhomme d’y voir la belle Sidonie Frang, de qui le noble artisan, contre tous les usages, avait fait son apprentie. Elle nettoyait surtout les fenêtres, cependant, et rasait surtout les murs, ce qui atténuait quelque peu ces manquements à la convenance.

Culottin était amoureux de Sidonie. C’était son petit secret. Et lorsque le brave barbier était trop occupé, si par exemple il était pris au dépourvu par un acte de chirurgie un peu délicat, ou qui ne souffrait aucun délai, il advenait parfois qu’il confiât le rasoir à Sidonie. Et entre les mains de Sidonie, Culottin était au paradis. Il en était en vérité plus proche qu’il ne l’eût jamais cru, lorsque la lame tremblante et inexpérimentée, de temps à autre, contait fleurette à la carotide.

Il conservait un souvenir à la fois vivace et doux de la première occasion qu’il en avait eue. À peine s’était-il assis sur le siège, un peu dur à son goût, que Milos Troutku fit irruption dans la pièce. Il sortait d’un duel de plus avec Couillonnet et il était visiblement mal en point. Le barbier alors, sans hésiter, l’avait immédiatement conduit jusqu’à son cabinet de chirurgie et avait confié sans plus d’hésitation le rasoir à Sidonie. Il avait vécu ces instants délicats comme un enchantement. Et puis, par courtoisie, avant de prendre congé, il s’était enquis de la santé de Troutku. Le cas, fort heureusement, s’était avéré moins grave qu’il ne l’avait d’abord pensé, le pauvre avait juste été frappé d’un accès aigu d’hémorroïdes.

Mais cette fois, Sidonie était déjà occupée. Elle appliquait du savon sur la noble figure du marquis de S. Comme il avait ses habitudes en ces lieux, Culottin se permit d’aller solliciter les soins du barbier. Mal lui en prit : à peine avait-il entrouvert la porte du cabinet, qu’il dut la refermer bien vite. Le consciencieux artisan, en effet, avait sorti ses outils du dimanche, et mettait le meilleur de son talent au service de la marquise. »

Se prenant un vent face à Etronille, c’est lui qui demande pardon en confiant la clef (p.222) à cette femme énergique. Quand il se décide – enfin – à lever son gros paradigme de son fauteuil, au beau milieu du tome 2, c’est pour sortir à découvert. Et lorsque la reine Pamélasse lui rend la clef (p.549), c’est bien la dernière chose qu’il en attendait.

Venu, lui, pour répondre de ses actes (qui consistaient à se l’être coulée douce un demi-millier de pages durant), venu pour être jugé, jugé apte au combat, apte au service, apte à finir au front pour la reine2, on se souvient de son émoi, si parfaitement rendu par le dialogue éblouissant entre les deux personnages :

Extrait :

« (Culottin, à la reine 🙂 

– Ne m’acquitte pas… Ne m’acquitte pas… Ne m’acquitte pas…

– Silence ! Je fais ce que je veux, d’abord.

– Moi, je te maçonnerai un palais, où l’amour sera roi, où tu seras reine.

– M’en fous ! J’ai déjà tout ça. Tiens : prends cette clef. C’est la clef du monastère. Je te condamne au cloître, Calotin. »

Pour Culottin, ce sera l’ultime baffe.

Des questions certes, mais aussi, on le voit, beaucoup d’émotion.

Jérôme Pitriol

Courtex apocryphe (attribué à Brian Postite)

Tu as pignon sur rue, mon bon ami. Tu habites au 17 ? Je pensais que c’était au 21… Tu es cordonnier ? Dame ! Moi qui te croyais horloger…

Culotte basse et que l’humour trépasse

Quelle ingéniosité ! Et je vous livre une clé, n’en déplaise aux lecteurs pointilleux.

Culottin est, en effet, un merveilleux patelin niché à l’orée d’un marécage couvert de nénuphars.

Alors là vous êtes sciés ! Mais ne vous méprenez pas de St Maur n’est pas du bois dont on fait tous les feux ou n’est pas du feu dont on fait tous les bois, à vous de voir.

Culottin est tendre, doux, chaud mais d’un ennui à vous dévisser un pot de confiture !

Heureusement Couillonnet va relever le débat de par sa position !

Enfin plus de lever ou de coucher de soleil ! Levons nous ! Allons de l’avant que diable ! Avançons dans cet ouvrage singulier, tentaculaire et si délicieusement hydrolernique !

Minily & souris

Courtex (inédit)

Freine ! Freine !!!

La voiture fit une première embardée et Jerry se cassa les dents sur le volant.

Nom de Dieu ! Dit Laurence.

On ne blasphème pas, la gronda l’abbé Cougnette.

Une deuxième embardée lui cloua le bec d’un claquement sec.

Nom de Dieu ! Dit Jerry. Mais cette fois l’abbé ne fit aucun commentaire.

Regardez ! leur dis-je. Regardez !

J’avais réussi à faire une face du Rubik’s cube.

Interview par Louise Berg (suite)

Quel est le fil qui relie les 7 épisodes proposés dans ce feuilleton ? Ont-ils tous été écrits à la même époque ? Comment les avez-vous choisis parmi tous les épisodes que vous avez en stock ? D’ailleurs en avez-vous beaucoup en réserve ?

Une mois de souveraineté.

Sans aucun musellement.

Une mois de dévotion.

Jour après jour, j’ai donné tout ce que je pouvais. Je n’ai rien en réserve.

Mais j’ai déjà attaqué le deuxième Cahier de l’Hydre de Lerne consacré au roman « Les Blancs » de Philippe Sarr.

Courtex apocryphe (attribué à Minily & souris)

Ce poète est au cygne ce que sont les signes aux Adieux, inoubliables.

Ce que nous savons

Troisième analyste à nous fournir un résumé du « Gros secret », Minily & souris nous encourage à avancer dans la lecture et s’encourage elle-même dans l’art de la critique.

Benoît Patris nous entraîne témérairement dans la Commedia dell’arte.

Lou Salomé observe, à juste titre, le règne d’une sorte de Noël permanent et nous esquisse un grand salon victorien. La cheminée au pare-feu ciselé nous fait rouler, sans transition, dans le premier chapitre du Chevalier des Touches de Jules Barbey d’Aurevilly.

Philippe Sarr se demande de quel bois l’auteur se chauffe ?

S’agit-il des bûches que Culottin dépose sur ses chenets ?

Comme tout lecteur, l’analyste a des espérances de lecture qui relèvent de son écho personnel et de son identification socio-historique ; il a des « inclinations naturelles » en matière de littérature, des champs artistiques et philosophiques.

Mais dans son empressement, il n’est plus un lecteur homogène : sa lecture est gouvernée par son action future d’écriture. Il réunit donc trois catégories de lecteurs effectifs : le lecteur qui lit, le critique qui cogite et l’écrivain prédisposé à écrire.

N’oubliez pas de prendre connaissance des analyses provisoirement inclues dans la zone des commentaires.

1 Petit gâteau à la génoise, au chocolat et à la marmelade d’orange, très peu prisé des enfants, produit par la marque LU : http://www.ina.fr/video/PUB3784152095

2Culottin, avant de prendre la tête de la révolution, était le chef des gardes de la reine Pamélasse.

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