Elfes et fées domestiques : quatrième épisode

Quatrièmes analyses

Fée calembour

Il jouait dans la théière tournicotant les grains de sucre qui cristallisaient au fond de la tasse.
L’elfe de maison s’ennuyait.
Il aurait aimé un peu de magie. Un fifrelin de poudre d’escampette. Une paillette de calembour.
Il regardait la montre à gousset que lui avait offert son regretté ami Nézubon tout en trempant son doigt dans le thé froid.
Fée Calembour secoua ses ailes perlées de rosée du matin.
Elle tourna le regard vers la cuisine de cette hutte perdue au fond des bois et l’aperçut.
Il était au fond du thé ! Elle ne pouvait le laisser se noyer. Elle se glissa par la fenêtre laissée entr’ouverte.

—  Bonjour, dit la fée de sa voix cristalline.
—  B’jour, répondit l’elfe de maison d’une voix bougonne
—  Je vous vois là, seul, triste et je me dis : pourvu qu’il me fasse un signe ou un canard.

Et à ces mots la fée se mit à rire d’un rire perlé et mélodieux.
L’elfe la regardait hébété.
La fée reprit :

—  Un signe ? … Non ?… Un cygne !… Vous voyez : blanc, majestueux. Un cygne ou un canard, c’est un jeu de mots.

Et elle repartit de plus belle de son rire argentin.
L’elfe s’inquiétait pour la fée. Avait-elle perdu la raison ?
C’est à ce moment que la fée reprit un air sérieux et dit :

—  Je sais, ça ne vole pas très haut, mais c’est normal pour un cygne et un canard.

Et à ces mots, l’elfe se fit une promesse à lui-même : celle de ne plus jamais s’ennuyer !

Minily & Souris

 

Fées et gestes (Georgie de Saint-Maur)

En réaction au merveilleux, le pragmatisme replonge dans le siècle, il observe l’homme et cherche les motifs de ses actions.
Mais ceux-ci se réduisent souvent au désir de réussite sociale.

 

 Courtex (inédits de Minily & Souris)

Oncle Néné conduisait sa merveilleuse Opel Astra qu’il venait d’acheter d’occasion et qui fonctionnait très bien dans les descentes, un peu moins dans les montées.
Oncle Néné profitait de son élan (qu’il avait pris grâce à une rue pentue). Rien ne pouvait l’arrêter… pas même cette satanée priorité de droite qu’il venait de refuser à ces individus dans leur Fiat.

Au même moment, Tante Ozon s’écria :

—  Néné, Néné ! C’est Blanche et Aimé, là, en voiture. Regarde ! Ils nous font signe. Youhou Blanche ! … Youhou Aimé !

Et Tante Ozon de faire de grands signes et de beaux sourires… quant Oncle Néné dit :

—  Blanche et Aimé ne savent pas conduire, Ozon, et ils n’ont d’ailleurs pas de voiture. Ces deux inconnus ne nous font pas signe, ils nous menacent de leurs poings pour une priorité non respectée.

À ces mots Tante Ozon s’exclama :

—  Oh mon Dieu !

(Alfred Arnaque « Les cahiers de Nise»)

 

Toutousse

Quoi de pire qu’une blague qui ne fait pas mouche ?
Une mouche qui ne fait pas de blagues ?
Quoi de plus cruel qu’un jeu de mots incompris ?
Un nain compris qui fait un jeu de maux ?
C’est tout le problème du roman « Elfes et fées domestiques » qui est ainsi étalé sur la table de dissection.
Les lecteurs, timides, frileux, en sont pour leurs frais.
Le moment est venu de se poser l’interrogation existentielle : Peut-on rire de toux ?

Georgie de Saint-Maur

Quel familier choisir ?

Alors comme ça, Minily & Souris parlerait le langage des cygnes ?
Cela ne nous étonne en aucune façon. Nous serions même prêts à parier qu’elle en a un pour animal familier.
Tout magicien qui se respecte a un animal familier. Minily & Souris est magicienne, son cygne lui sert de moyen de transport pour ses voyages les plus secrets, ceux qui ont de l’importance, loin des petitesses de la vie sociale, et pour lesquels elle s’envole à ces trop rares moments où on n’est pas tenu de vivre avec son époque.
La plupart d’entre nous, lorsque ces moments surviennent, trouvons une excuse pour pouvoir poursuivre sur la voie du train-train bien terre à terre, avec les tunnels et tous les arrêts obligés. Pas notre magicienne.
Elle, sans l’ombre d’une hésitation, saute à califourchon sur le col de son cygne, un grand cygne tout blanc sur lequel, par un contraste saisissant, ses beaux atours irisés nous renvoient mille couleurs intenses. C’est alors qu’elle s’envole.
Elle en revient bientôt. Elle en rapporte ça, quelques pages de pure poésie. Avec juste du thé et un peu de sucre. Elle s’adonne un peu comme à l’accoutumée à l’art difficile du calembour, et nous pourrions, toujours si prompts à juger que nous sommes, le lui reprocher.
Nous pourrions lui répondre bien bas par un contrepet malodorant de vieux sorcier radoteur (« la chouette alliée sur mon chapeau »), ou par un calembour nécrophilantde la plume (« l’esthétique des cormorans des compositions »).
Mais ce serait ne pas voir qu’ici le jeu de mots n’est pas gratuit, qu’il sert l’ensemble au même titre que certains éléments moins voyants, et concourt selon sa force à l’enchanteur.

Jérôme Pitriol

 

Fées et gestes (Georgie de Saint-Maur)

— Laissez-moi, bande de fées-lon !

— Ouais ça va, il suffit d’ouvrir le dictionnaire à « fée »…

— Nom de lieu !

  

Le questionnaire de Louise Berg (suite)

Quel est le fil qui relie les 7 épisodes proposés dans ce cahier ?
Ont-ils tous été écrits à la même époque ?
Comment les avez-vous choisis parmi tous les épisodes que vous avez en stock ?
D’ailleurs en avez-vous beaucoup en réserve ?

 

Sept étant un chiffre magique, j’écris mes épisodes par heptalogie.
J’en possède trois séries : les fées et elfes de maison ; les troubadours et les trouvères de sept lieues ; les gnomes et lutins du pont Portassin.
Ils ont été écrits à 7 jours d’intervalle pour respecter le cycle de la pleine lune.
J’ai choisi de vous présenter les « Elfes et fées domestiques » pour vous donner goût au monde magique auquel j’appartiens.
Troubadours et Trouvères sont des épisodes plus musicaux (il faut déjà être initié, vous en conviendrez).
Quant aux gnomes et lutins du pont Portassin, je n’avais plus de boursin dans mon frigo et donc, j’ai préféré attendre d’être allée faire des emplettes.
Le fil qui relie ces sept épisodes proposés dans ce Cahierest un simple fil d’Écosse. Il est assez fin mais il résiste bien. Je n’aime pas quand je dois repriser mes chaussettes. Je choisis dès lors d’emblée le meilleur fil.

 

— Mes chers invités : quel est celui ou celle qui a pris ma baguette magique pour la brosse à cabinet ?
— C’est pas moi !!!
— Pas tous à la fois.

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